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enseigner la guerre d'Algérie

 

dossier pédagogique à l'attention des enseignants qui ont reçu "nous avions 20 ans" et qui désirent l'utiliser en classe
 
Pédagogie
programme de 3eme des collèges
 
 
2. Le cas de l’Algérie montre que l’accession à l’indépendance a été difficile. Elle a d’abord été marquée par une guerre avec la France (1954-1962) puis par une guerre civile dans les années 1990. L’Algérie connaît de graves difficultés. Sur le plan politique, la démocratie peine à s’installer et sur le plan économique, les défis à relever sont nombreux : ce pays est à la recherche de son développement
Etudier la décolonisation en Algérie c’est mettre en évidence une situation de guerre qui ne dit pas son nom, de l’enlisement dans l’affrontement d’une France qui reste longtemps accrochée à la fiction de l’Algérie française. L’étude du processus de décolonisation peut prendre en compte les conséquences pour la France : fin de la Quatrième République, retour du général de Gaulle au pouvoir et fondation de la Cinquième République, ce qui peut être corrélé avec le thème 3 de la 4partie sur la vie politique en France.
La guerre d’Algérie a été depuis cinquante ans un enjeu de mémoire en France comme en Algérie ; pour traiter cette question, il importe donc de bien distinguer histoire et mémoire. .............................
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classe de première au lycée général

 
Pour l’Algérie, il convient de mettre en évidence une situation de guerre qui ne dit pas son nom, de l’enlisement dans l’affrontement d’une France qui reste longtemps cramponnée à la fiction de l’Algérie française. L’autre sujet incontournableest l’analyse de l’opinion en métropole, marquée par les humiliations de la Seconde Guerre mondiale encore très proche. Le rôle de l’armée, traumatisée par le règlement du problème indochinois, doit aussi être analysé ainsi que celui des Européens d’Algérie. L’étude du processus de décolonisation doit prendre en compte les conséquences pour la France : fin de la Quatrième République, retour du général de Gaulle au pouvoir et fondation de la Cinquième République, ce qui peut être corrélé avec la dernière étude de la question du thème V sur la République, trois républiques.
La guerre d’Algérie a été depuis cinquante ans un enjeu de mémoire en France comme en Algérie. Pour traiter cette question, il apparaît donc fondamental de faire prévaloir la démarche historique critique et rigoureuse, dans la mesure où il s’agit d’un sujet sur lequel les passions s’exercent encore. Il importe donc de bien distinguer histoire et mémoire. Tous les spécialistes insistent aussi sur la guerre des mots qui désignent les événements (« guerre d’Algérie » selon les Français, « guerre de libération » ou « d’indépendance » selon les Algériens) et sur les acteurs (fellaghas ou terroristes d’un côté, moudjahidines ou martyrs de la révolution de l’autre). Le nombre des victimes est aussi un sujet de polémiques. Enfin, il convient d’aborder le problème des dates : s’il reste incontestable que la guerre a débuté avec les attentats de la Toussaint 1954, il faut rapidement évoquer les révoltes de Sétif et de Guelma en mai 1945 et surtout l’impossibilité des réformes jusqu’en 1954.
 
Programmes de terminales L et ES - lycées  
 
Les nouveaux programmes d'enseignement d'histoire et de géographie de la classe terminale des séries ES et L, parus au Bulletin officiel spécial n°8 du 13 octobre 2011, entrent en  application à la rentrée de l'année scolaire 2012-2013
 
Thème 1 - Le rapport des sociétés à leur passé (9-10 heures)
Questions
Mise en œuvre
Le patrimoine : lecture historique
Une étude au choix parmi les trois suivantes :
- Le centre historique de Rome ;
- La vieille ville de Jérusalem ;
- Le centre historique de Paris.
Les mémoires : lecture historique
 
Une étude au choix parmi les deux suivantes :
- L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France ;
- L'historien et les mémoires de la guerre d'Algérie.
Pour des élèves de terminale qui sont destinés à l’enseignement supérieur et qui suivent parallèlement un enseignement de philosophie, l’étude du regard de l’historien sur le patrimoine et les mémoires est l’occasion d’une fructueuse réflexion sur l’apport de la démarche historique à la construction de l’esprit critique.
 
Une société démocratique ne peut pas en rester à un rapport simplement patrimonial et mémoriel à son passé. Elle se doit de le regarder en face. Et pour cela, le travail de l’historien lui est indispensable.
 
L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie.
La guerre d’Algérie et les mémoires qui lui sont liées constituent aujourd’hui une question plus vive encore que celle de la Seconde Guerre mondiale, par ses implications dramatiques et par son impact sur la manière dont les Français pouvaient penser leur pays.
Le contexte de l’élaboration des mémoires de la guerre d’Algérie
La construction des mémoires la guerre d’Algérie a été en partie déterminée par un contexte fortement problématique.
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Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative (DGESCO) Page 4 sur 7 Histoire – Terminale – Séries ES et L – Thème 1..................
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Les avatars des mémoires de la guerre d’Algérie et leurs évolutions sont rendus plus aisés dans le contexte démocratique français. Là, le « travail de mémoire » d’une part et le travail des historiens d’autre part, sont certes confrontés aux prudences des pouvoirs successifs et au jeu des différents groupes de pression des politiques, des médias, ou des groupes d’intérêt dont les révélations sont souvent autant de stratégies (exemple: l’affaire Aussaresse). Mais, si l’épisode récent et polémique de l’intervention du politique sur le jugement à porter sur la colonisation témoigne des contraintes qui peuvent toujours peser sur la démarche historique, les historiens n’en gardent pas moins la possibilité de construire une réponse historique aux récits mémoriels.
Quelles mémoires ?
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 Les militaires du contingent et les associations d’anciens combattants cumulent une mémoire de la contrainte subie à faire une guerre qu’ils n’avaient pas choisie et une mémoire de leur participation à une répression dont certains aspects blessent leur sens moral. 
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académie de Lille : travaux de professeurs :
 
La guerre d’Algérie, une question sensible à enseigner (janvier 2009)

Dossier coordonné par Sandrine Génovèse et Vincent Perlot.

Les travaux du groupe lycée ont repris cette année autour des questions sensibles déjà abordées l’année dernière. Les besoins du groupe se sont ancrés autour de la question de la guerre d’Algérie. Non que cette question soit une nouveauté dans nos programmes mais parce que celle-ci fait ressortir des problèmes dans son évocation.

Ainsi la guerre d’Algérie est vue comme une question sensible, celle qui dérange à la fois l’élève et le professeur ; celle qui prend sa source dans une polémique. (...) 

 
L'armée française en Algérie de 1954 à 1962


Par Noëlle Célerier, professeur au lycée Queneau de Villeneuve d'Ascq .
 
  • ses missions :
      • complexes à définir dans le cadre d’ « une guerre sans nom » :

« événements », « opérations de police », « action de maintien de l’ordre », « opération de rétablissements de la paix civile », « entreprise de pacification »

      • des missions qui se précisent entre novembre 1954 et mars 19612 :

maintien de l’ordre (au début avec la police, puis de plus en plus en se substituant à la police)

répression / FLN : pour la plupart des officiers, pas d’insurrection algérienne, mais des actions de « terroristes » venus et dirigés de l’extérieur ; ennemi invisible : « suspect », « hors-la-loi », « rebelle ».

pacification : bouclage, ratissage (pour éliminer les influences extérieures nocives et neutraliser les « suspects »)

proximité population (école, santé, propagande anti-FLN et pro-France) pour entretenir, créer ou recréer un sentiment francophile ; avec les SAS (sections administratives spécialisées) 

  • aux ordres de la République française :
      • nov 1954 – avril 1955 : l’armée intervient pour des opérations de police et de maintien de l’ordre :

dans les Aurès

les suspects interpellés doivent être présentés devant un tribunal civil, qui peut les relâcher si pas de charges suffisantes contre eux ® l’armée s’impatiente

      • Etat d’urgence (avril1955) :

D’abord instauré dans les Aurès et la Grande Kabylie, il est étendu à toute l’Algérie en novembre 1955 : c’est désormais à l’autorité militaire de réprimer crimes et délits.

rôle accru de la justice militaire

répression militaire croissante avec la pratique des représailles collectives, rafles et exécutions sommaires

      • Les pouvoirs spéciaux (mars 1956) :

Les pouvoirs civils sont peu à peu abandonnés aux militaires

Subordination progressive de la police à l’armée (complète à partir de la Bataille d’Alger )

Subordination croissante de l’autorité civile en Algérie à l’autorité militaire. 

  • une armée où le contingent pèse lourd :
      • des effectifs qui augmentent vite :

nov 1954 : 60 000 soldats ; juillet 1956 : 405 000 soldats ; été 1958 : 440 000 soldats

+ les supplétifs ( c’est-à-dire des civils algériens employés par l’armée française comme auxiliaires) qui ont eux aussi augmenté. Parmi eux, les harkis : 2200 en janvier 1957, 10 000 en septembre 1957, 28 000 fin 1958, 60 000 fin 1959 sur un total d’environ 160 000 supplétifs.

      • les appelés représentent l’essentiel des troupes françaises engagées en Algérie :

Appelés et rappelés* : envoi massif à partir d’avril 1956 (1,7 millions ont servi en Algérie)

Service militaire : 18 mois en nov 1950 ; 27 mois en avril 1958 (+ 6 mois avec rappel)

* les rappelés (jeunes hommes dont le service militaire était officiellement terminé) partent pour l’Algérie dès septembre 1955

      • A leurs côtés : l’armée de métier, la Légion, les supplétifs (dont les harkis) et les « appelés algériens » (la conscription date de 1912)
 
  • les pratiques qui se sont imposées au cours de la guerre :
      • des frontières très surveillées

isolement du territoire algérien au sein d’une Afrique du Nord que la France juge hostile (ligne Morice)

      • quadrillage du territoire variable en fonction du degré d’hostilité

des zones interdites

les regroupements se multiplient à partir de 1957 (jusqu’à 25% de la popu alg.)

contrôle systématique des civils

      • une répression résolue à éradiquer les « rebelles » :

arrestations parfois dans le cadre de rafles massives,, assignations à résidence, internement dans des camps (le 1er est ouvert à Khenchela en 1955)

torture (voir fiche) pratiquée par les DOP (détachement opérationnel de protection) mais aussi par les appelés

ex de la bataille d’Alger en 1957 

  • les résistances au sein de l’armée :

Manifestations dès 1955 avec les premiers rappelés : les motifs sont rarement politiques

Refus de servir : les raisons sont politiques (en particulier anticolonialisme) ex d’Alban Liechti en 1956

Le général de Bollardière : demande à être relevé de son commandement et dénonce la torture au printemps 1957

Les témoignages d’appelés qui révèlent la torture dans une presse qui se heurte à la censure (Esprit, Témoignage Chrétien, L’Express, France-Observateur, Le Libertaire, L’Humanité) 

  • l’armée et de Gaulle / l’armée et l’ « Algérie française »

Mai 1958 : un épisode en général bien abordé dans les manuels.

® dès octobre 1958, de Gaulle exige que l’engagement politique de l’armée en Algérie cesse. 

Putsch 1961 : il faut éclairer les raisons de celui-ci (confiance en de Gaulle ; l’armée considère qu’elle prend, en Algérie, sa revanche après l’Indochine ; un sentiment de défiance croissant à l’égard du pouvoir civil depuis que de Gaulle a proposé l’autodétermination en 1959 ® le sentiment de trahison est plus fort chez certains officiers que leur engagement en faveur de l’Algérie française. 

l’armée et l’OAS : un engagement politique qui concerne seulement une petite partie de l’armée française (comme Salan) à partir de 1961. L’armée, très majoritairement est restée fidèle au pouvoir civil jusque dans l’application des accords d’Evian pour la partie qui lui incombait. Elle a été confrontée aux attentats et aux manifestations organisées par l’OAS :

® la fusillade rue d’Isly mars 1962 

  • les pertes militaires :

au moment de la signature des accords d’Evian de mars 1962, les autorités militaires évaluent ainsi les pertes en Algérie depuis novembre 1954 :

      • 12 000 tués dont 9 000 Français, 1 200 légionnaires, 1 250 musulmans + 2 500 morts parmi les forces supplétives.
      • 25 000 blessés dont 18 500 Français, 2 600 légionnaires et 2 800 musulmans + 3 500 blessés parmi les forces supplétives.
      • Les accidents ont d’autre part fait 6 000 morts et 28 700 blessés.

(cf fiche chiffres) 

  • les « anciens d’Algérie » :

s’organisent en associations : la FNACA, l’UNCAFN et les CATM

le statut de combattant : loi votée en décembre 1974

1977 : inhumation des cendres d’un soldat inconnu de la guerre d’Algérie à Notre Dame de Lorette (Pas-de-Calais) 

POLÉMIQUE - Ce conflit reste compliqué à expliquer aux élèves.

extrait de  : http://www.europe1.fr/France/Comment-enseigner-la-guerre-d-Algerie-992325/
 

Le 18 mars 1962 étaient signés les accords d'Evian, entérinant l’indépendance de l'Algérie après huit années de conflit. Un demi-siècle et deux générations plus tard, l’enseignement de cette page douloureuse de l’Histoire de France reste pourtant compliqué pour les enseignants français.

Peu de temps pour enseigner un conflit complexe

La guerre d’Algérie est extrêmement difficile à expliquer aux élèves, d’autant plus qu’il faut le faire en une ou deux heures maximum. Les enseignants ne peuvent évoquer cet épisode historique qu’en classe de troisième, puis en classe de première.

Mais, au-delà des problèmes d’emploi du temps, l’enseignement de la guerre d’Algérie est surtout rendu compliqué par le fait qu’il s’agit d’un sujet qui concerne pratiquement tout le monde. Chacun a son avis sur cette période trouble, les élèves en ont souvent entendu parler à la maison : beaucoup sont petits-enfants d'appelés, de harkis, de pieds-noirs et parfois les professeurs le sont aussi.

Des élèves ont entendu d’autres histoires

Pourtant, les élèves sont généralement attentifs, à l’image d’Amine et de Sofiane, d'origine algérienne. Ces derniers n'ont pas été totalement satisfaits du cours qu'ils ont eu sur la guerre d'Algérie et pour cause : à la maison, on leur raconte l'Histoire tout autrement.

L’Algérie adopte l’autre point de vue

De l'autre côté de la Méditerranée, on aborde la guerre d'Algérie d’une toute autre manière. A Alger, la guerre d'indépendance est l'équivalent de notre Révolution française, elle est donc largement étudiée : une année entière y est consacrée en primaire, puis une autre au collège et à nouveau au lycée.

Surtout, les livres d'Histoire sont validés par l'Etat avec, à la clef, une vision très subjective des évènements. "C’est une situation coloniale qui est décrite bien entendu par les anciens colonisés donc c’est un discours qui correspond à la vision du colonisé et explique les conditions qui ont poussé à la guerre de libération", décrypte Hassan Remaoun est professeur à l'université d'Oran.

Et ce dernier de conclure : "du côté français, on s’intéresse essentiellement au départ de la France d’Algérie, qui est considéré comme une cassure. Les Algériens, pour eux, la cassure remonte au début du système colonial".

Pourtant, historiens et chercheurs des deux pays ne doutent pas qu'un jour la même Histoire sera enseignée sur les deux rives. Mais cela prendra du temps : à titre de comparaison, il a fallu près de 60 ans à la France et l'Allemagne pour rédiger un manuel d'Histoire franco-allemand.

 
CNDP
 
 
extrait de : http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/enseigner/memoire_histoire/07algerie.htm#enseigner
 
  À signaler également, un travail de collecte de témoignages d'anciens appelés du contingent qui ont été engagés en Algérie, réalisé par le Club Histoire du Lycée Buffon de Paris, en partenariat avec la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie ( FNACA ). Ce travail de collecte de mémoire, a débouché sur la publication d'un ouvrage sur la guerre d'Algérie financé par le ministère de la Défense ( DMPA ), le Conseil régional d'Île de France et la Mairie de Paris 
 
 
 
 
 
 
LA MEMOIRE ET L'HISTOIRE
 
 
http://eduscol.education.fr/cid46434/la-memoire-et-l-histoire.html

Table ronde animée par Henry Rousso, directeur de l'institut d'histoire du temps présent (CNRS)

Cette table ronde trouve sa singularité dans la confrontation d'historiens de métier, de professeurs de plein exercice et de représentants d'associations qui ont questionné récemment l'Éducation nationale.

«Il s'agit de favoriser ici une circulation libre de la parole entre différents points de vue.
Pour ce faire, trois questions ont été sommairement définies pour tenir cette table ronde :
- Quelles sont les revendications, les attentes et les propos des différentes associations représentées aujourd'hui, notamment à l'égard de l'enseignement, et quelle est la réponse des représentants de l'Institution ?
- Quelles singularités les différentes associations veulent-elles promouvoir ? Jusqu'où l'enseignement de l'histoire peut-il aller dans la prise en compte (dont il faut précisément débattre) de l'idée que l'histoire de la guerre d'Algérie ou l'histoire du Maghreb contemporain relèveraient d'une singularité historique radicale ?
- Comment passer de ce qui est de l'ordre de la mémoire, c'est-à-dire de l'expérience ou de la transmission directe ou indirecte de situations vécues (celles des acteurs : parents, anciens combattants...), à quelque chose qui est de l'ordre de l'histoire, qui a vocation à être un enseignement, un savoir partagé et non une manière d'entretenir les seules identités particulières ?
» extrait de l'introduction d'Henry Rousso..



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